Michaël Randrianirina, Président de Madagascar, a déclaré que les nouveaux défis émergents ne doivent pas faire oublier la nécessité pour la communauté internationale de répondre aux priorités existantes telles que l’insécurité alimentaire, les maladies, les conflits armés et les catastrophes naturelles.
« La confiance s’est érodée au fil du temps et les personnes les plus vulnérables en souffrent », a-t-il déclaré, alors qu’elles subissent des crises sanitaires et la faim aggravées par les conflits géopolitiques.
« Les réalités sur le terrain parlent d’elles-mêmes », a-t-il indiqué, évoquant les femmes du sud de Madagascar qui parcourent des dizaines de kilomètres sous une chaleur accablante pour trouver de l’eau dans des rivières asséchées.
Il a estimé que les urgences humanitaires récurrentes exigent des partenaires de développement qu’ils investissent dans le pays afin qu’il puisse atteindre les Objectifs de développement durable. L’insécurité alimentaire affecte la santé des femmes et des enfants. Le pays souhaite construire un avenir pour sa jeunesse, 55 % de sa population ayant moins de 25 ans.
« Ils constituent un formidable dividende pour permettre au pays de bâtir un avenir dynamique », a-t-il déclaré, précisant que Madagascar veut développer un système éducatif garantissant aux jeunes les compétences nécessaires pour trouver des emplois viables.
Il a expliqué que la politique étrangère du pays est guidée par le bien-être de sa population et que Madagascar maintient une position de neutralité. La sécurité maritime dans le canal du Mozambique et l’océan Indien se trouve au cœur des initiatives régionales du pays.
Une gouvernance mondiale plus inclusive nécessite, selon lui, un rééquilibrage de la prise de décision et une réforme des Nations Unies afin qu’elles servent toutes les nations.
Le plein pouvoir politique doit être rendu à l’Assemblée, seule institution où chaque nation dispose d’un vote égal, a-t-il souligné, appelant l’Organisation à corriger le déséquilibre de la représentation africaine au Conseil.
« L’Afrique ne peut rester en marge de la prise de décision », a-t-il déclaré, rappelant que le continent compte 1,4 milliard d’habitants et a besoin d’une représentation permanente au Conseil. L’architecture financière mondiale doit également être rééquilibrée.
« Les réformes sont essentielles pour que les Nations Unies puissent relever les défis d’aujourd’hui et de demain », a-t-il ajouté.


